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La saga des statoréacteurs
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II. Les pionniers
Translate : in English in Spanish in German Création/Mise jour : 22/08/2004
I. Introduction XVI. Les missiles sol-air à statoréacteur -Suite-
II. Les pionniers XVII. Les records de vitesse
III. Les années de guerre XVIII. Les avions de reconnaissance à statoréacteur
IV. L’après guerre XIX. Les engins cible
V. L’âge d’or des statoréacteurs XX. Les drones de reconnaissance
VI. Les premiers projets de statoréacteur combiné XXI. Les missiles anti-navires
VII. La longue marche vers un avion opérationnel XXII. Les missiles de croisière aéroportés
VIII. Les premiers avions à turbo-statoréacteur XXIII. Les missiles air-air à statoréacteur
IX. Les premiers missiles opérationnels XXIV. Les véhicules hypersoniques
X. Les missiles expérimentaux XXV. Le rêve de l’avion orbital
XI. L’origine des missiles de croisière à statoréacteur XXVI. L’avion orbital –suite-
XII. Les statoréacteurs nucléaires XXVII. Le statoréacteur de Bussard
XIII. Les missiles de croisière intercontinentaux Annexe 1 : Chronologie
XIV. Les missiles de croisière intercontinentaux -suite- Annexe 2 : Tableaux, Caractéristiques
XV. Les missiles sol-air à statoréacteur Annexe 3 : Sources et remerciements

 

Le Leduc 010

 

L’origine du statoréacteur remonte pratiquement aux débuts de l’aviation avec les articles du français René Lorin qui décrivit à partir de 1907, notamment dans la revue « l'Aérophile », le principe d'un moteur à réaction sans hélice ni pièces en mouvement. Ce visionnaire ne put cependant pas tester son idée faute de moyen d’essai permettant d’acquérir une vitesse suffisante pour démarrer un statoréacteur. Un autre pionnier de l’aviation français qui participa à l’invention du statoréacteur fut Robert Esnault-Pelterie qui décrivit le système à partir de 1909.

L’invention de Lorin tomba cependant dans l’oubli pendant quelques années et ne fut redécouvert en France par René Leduc qu’au début des années trente. Celui-ci travaillait pour le constructeur Louis Breguet sur des modes de propulsion avancés et travailla, par exemple, activement sur le pulsoréacteur.

Les Français n’étaient pas les seuls actifs dans le domaine du statoréacteur. B.S.Stetchkine introduisit la théorie du statoréacteur en URSS en 1929 tandis que les Américains du NACA faisaient quelques expériences préliminaires à Langley en 1927.

Le véritable acte de naissance du statoréacteur peut cependant être daté de 1933 avec, en France, le dépôt d’un brevet de René Leduc pour sa tuyère thermopropulsive (nom donné par Leduc au statoréacteur) et, en URSS, le début des essais de statoréacteur sur le banc IU-1 par I.A.Merkoulov. L’idée de René Leduc intéressa assez rapidement les militaires et celui-ci reçut les premiers contrats d’étude du ministère français en 1934 tandis qu’une première théorie détaillée du statoréacteur était publié par Jean Villey, un collaborateur de René Leduc, en 1936.

Leduc 010

 

Le Leduc 010 en vol sur le dos de son avion porteur

 

Des statoréacteurs à échelle réduite furent rapidement construit et testés sur des bancs d’essai au sol. Dès 1935, Leduc obtenait une poussée de 4 kg à 300m/s avec une petite maquette en soufflerie. L’année suivante, il réalise des essais de combustion stabilisée pour le compte du Service Technique de l’Aéronautique puis obtient un marché pour la réalisation d’un statoréacteur et d’un appareil d’essai.

Encouragé, René Leduc commence donc à tracer les premiers dessins d’un avion expérimental propulsé par statoréacteur. Puis, le ministère de l’air attribue un contrat, le 26 mai 1937, pour la construction de cet appareil désigné Leduc 010 et équipé d’un statoréacteur de 1500 mm de diamètre, de loin le plus gros envisagé à cette époque. Lors du salon du Bourget de 1938, une maquette de l’appareil était présenté au grand public avec des caractéristiques aussi futuristes que ses lignes : 1000 km/h à 30 000 mètres d’altitude !

Malgré son look futuriste pour l’époque, le Leduc 010 était déjà en construction à Villacoublay dans les usines Breguet et le fuselage fut achevé rapidement tandis que le statoréacteur était prêt pour les essais en 1940. Malheureusement, la guerre avait éclaté entre-temps et l’Allemagne avait envahi la France.

Bien que les composants du Leduc 010 aient été expédiés en zone libre à Toulouse, les Allemands avaient eut connaissance des travaux de Leduc et voulaient s’emparer du Leduc 010 pour poursuivre le programme. Les Allemands imposèrent, par exemple, l’utilisation d’un Dornier Do-217 pour servir d’avion porteur au 010, qui ne pouvait décoller seul en l’absence d’un propulseur d’appoint, mais les travaux avancèrent très lentement pour diverses raisons comme les bombardements alliés ou la résistance passive des ingénieurs et ouvriers français.

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