Retour vers la page Accueil
La saga des statoréacteurs
Page précédente
Page suivante
XIII. Les missiles de croisière intercontinentaux
Translate : in English in Spanish in German Création/Mise jour : 22/08/2004
I. Introduction XVI. Les missiles sol-air à statoréacteur -Suite-
II. Les pionniers XVII. Les records de vitesse
III. Les années de guerre XVIII. Les avions de reconnaissance à statoréacteur
IV. L’après guerre XIX. Les engins cible
V. L’âge d’or des statoréacteurs XX. Les drones de reconnaissance
VI. Les premiers projets de statoréacteur combiné XXI. Les missiles anti-navires
VII. La longue marche vers un avion opérationnel XXII. Les missiles de croisière aéroportés
VIII. Les premiers avions à turbo-statoréacteur XXIII. Les missiles air-air à statoréacteur
IX. Les premiers missiles opérationnels XXIV. Les véhicules hypersoniques
X. Les missiles expérimentaux XXV. Le rêve de l’avion orbital
XI. L’origine des missiles de croisière à statoréacteur XXVI. L’avion orbital –suite-
XII. Les statoréacteurs nucléaires XXVII. Le statoréacteur de Bussard
XIII. Les missiles de croisière intercontinentaux Annexe 1 : Chronologie
XIV. Les missiles de croisière intercontinentaux -suite- Annexe 2 : Tableaux, Caractéristiques
XV. Les missiles sol-air à statoréacteur Annexe 3 : Sources et remerciements

 

Le XSM-64 Navaho

 

Le North American XSM-64 Navaho (voir histoire complète) était un missile de croisière intercontinental à statoréacteur dont l’histoire remonte à fin 1945, quand l'Army Air Technical Service Command (AATSC) invita les grandes firmes aéronautiques américaines à lancer des programmes de recherche sur les missiles guidés à longue portée.

Avec ses alter ego soviétique Lavochkine La-350 « Burya » (tempête) et Myassistchev M-40 « Buran » (blizzard), le Navaho est sans aucun doute la réalisation la plus impressionnante à ce jour dans le domaine des statoréacteurs. Ce sont, en effet, les engins les plus imposants qui volèrent propulsés par statoréacteur.

Pour tenir les spécifications de 10 000 km de portée, d’une vitesse de croisière de Mach 3 et d’une charge utile d’au moins 3200 kg à une altitude supérieure à 18500 mètres, North American conçut un engin à deux étages. Le premier étage était un booster équipé d’un moteur-fusée à carburant liquide et le second, un véhicule ailé de configuration delta-canard propulsé avec deux statoréacteurs fourni par Wright Aeronautical.

Le XSM-64 Navaho

 

Le XSM-64 Navaho

 

Le projet Navaho, WS-104A pour l’USAF, prévoyait trois phases de développement : La première phase était la construction et les tests en vol du véhicule expérimental X-10. Celui-ci devait valider une formule aérodynamique innovante (le X-10 fut le tout premier jet delta-canard), la structure, le pilote automatique et le système de navigation jusqu’à une vitesse de Mach 2.

La deuxième phase était un missile expérimental nommé G-26 qui était constitué d’un booster et d’un véhicule de croisière à statoréacteur de dimensions et de masses réduites par rapport au missile opérationnel. Les objectifs de cette phase étaient les tests en vols de l’ensemble des composants jusqu’à une vitesse de Mach 2,75 et sur 2500 kilomètres.

Enfin la troisième phase était la mise au point du missile opérationnel G-38 avec une série de tests en vol avant le déploiement du système d’arme. Après le début des essais en vol du X-10 (en tout, 11 véhicules ont réalisé 27 vols dans le cadre du programme Navaho) en octobre 1953, le G-26 put à son tour prendre l’air en novembre 1956. Cependant quand le missile décolla ce fut pour exploser après 26 secondes de vol seulement. Une défaillance du pilote automatique provoqua une rupture de la structure à cause d'efforts dynamiques excessifs.

Le XSM-64 Navaho

 

Le XSM-64 Navaho

 

La suite des essais en vol ne fut pas meilleure avec une série d’échecs les 22 mars 1957, 25 avril 1957 et 26 juin 1957. A ce stade, le programme Navaho G-26 était un désastre et l'USAF annula le programme quelques semaines plus tard en juillet 1957. L'USAF autorisa néanmoins cinq vols supplémentaires du XSM-64 pour utiliser les G-26 déjà construits et acquérir des données sur le vol à Mach 3 et à haute altitude.

Ce fut malheureusement une nouvelle série de semi-échec à l’exception notable du huitième vol, le 10 janvier 1958, le missile ayant pour la première fois remplit tous ses objectifs. Après un décollage, une séparation et un allumage des statoréacteurs normal, le Navaho effectua son trajet à une vitesse moyenne de Mach 2,8, atteignit le point visé puis fit demi-tour vers Cap Canaveral.

Le Navaho fut annulé principalement en raison du succès plus rapide du missile balistique Atlas. Mais les moteurs, les techniques de fabrication des structures de missile, l'équipement de navigation à inertie, et les techniques de télémétrie développées pour le Navaho ont établi la base technique pour tous les développements ultérieurs de fusée aux USA.

 

Page précédente

La saga des statoréacteurs

Page suivante