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Le Vought SSN-8 Regulus I
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V. Les essais en vol -Suite-
Translate : in English in Spanish in German Création/Mise à jour : 01/10/2003
I. Origine
II. Description du Regulus
III. Description - Suite-
IV. Les essais en vol
V. Les essais en vol -Suite-
VI. Les Vought KDU-1 et X-28A
VII. Emploi du Regulus
VIII. Le Regulus en service

 

(crédit des photos de ce dossier : Vought, US Navy)

 

Avec 11 des 12 vols d'essai réussis, Vought avait assez confiance en son missile pour proposer une démonstration de mission tactique du Regulus I, avec le premier lancement par booster du missile et un piqué terminal sur la cible.

Tous les éléments nécessaires à l’opération SPLASH furent réunis le 31 janvier 1952. La visibilité était bonne jusqu’à 25 kilomètres et les vents étaient légers sur le site de lancement de Point Mugu.

Le missile expérimental FTV-3 avait été choisi pour l'opération SPLASH plusieurs mois plus tôt. Il avait déjà réalisé sept vols avec succès. Le FTV-3 était modifié par démontage du train d'atterrissage et en plaçant un réservoir supplémentaire de carburant au-dessus de l'entrée d'air. Le parachute frein était également enlevé et une balise radar APN/33 était monté pour faciliter le repérage du Regulus. L'électronique de guidage terminal était installé et pour la première fois, une dérive ventrale était montée sous le fuselage.

Sous l’action conjuguée des deux boosters et du réacteur, le FTV-3 décolla rapidement sans roulis perceptible. La séparation des boosters était impeccable mais le missile était trop cabré et en danger de perte de vitesse. Le pilote ABLE réagit rapidement et le missile répondit correctement.

USS Cusk

 

 

Les commandes du missile furent ensuite passées à un opérateur à bord du submersible en plongé USS Cusk. Immédiatement, la vitesse du FTV-3 augmenta au-delà de la valeur prévue et le contrôleur à bord du Cusk coupa le dispositif automatique de contrôle de vitesse et rétabli une vitesse correcte. A l'altitude de croisière de 10000 mètres, la vitesse avait diminué à 380 km/h rapidement corrigé par le contrôleur jusqu'à 890 km/h.

Le FTV-3 entama ensuite son vol de croisière à Mach 0.85 tandis qu'un F-86 de l'US Air Force plongeait d'une altitude plus élevée pour vérifier la vitesse et pour examiner visuellement le missile. La puissance était alors à 100 % et à mach 0.9 le missile dépassa le F-86.

Peu de temps après avoir dépassé Mach 0.9, les contrôleurs en vol constatèrent que le signal reliant le missile au sous-marin était perdu. ABLE avait seulement quelques secondes pour signaler le problème au Cusk et transférer le contrôle du missile au TV-2D avant que le système d'autodestruction soit automatiquement déclenché. Le système était conçu de tel manière que si un missile recevait des signaux des deux contrôleurs simultanément, il activait l'autodestruction.

Heureusement, ABLE put reprendre les commandes sans problèmes et ramener la puissance à 91% bien que le missile eu disparu de la vue du pilote. Le radar de l'USS Cusk était inopérant mais un ingénieur de Vought sur la station radar de l'île San Nicolas avait un retour de la balise du missile et put transmettre par radio la position du missile au TV-2D, leur permettant de rester en contact avec le missile.

 

 

A trois milles de la cible, ABLE enclencha la phase terminale préprogrammé tandis qu'un F-86 d'observation observait le piqué terminal. A 4500 mètres, le missile était en piqué vertical puis s'écrasa en mer 25 minutes et 33 secondes après le lancement. Il y avait du colorant dans le nez du missile et un navire d'observation put localisé la tache de colorant à approximativement 1600 mètres du lieu prévu.

L’opération SPLASH était un succès complet pour ses objectifs d'un lancement par booster et de l'accomplissement d'une mission tactique simulée. Le FTV-3 avait résisté à des accélération de -2g à +3g et était resté intact jusqu'à l'impact. La faisabilité d'une mission tactique à longue portée avait été clairement démontrés. Les problèmes techniques qui se sont produits pendant le vol étaient relativement mineurs et furent résolus rapidement.

Le premier tir d'un missile tactique SSM-N-8 avec charge de guerre eut lieu en octobre 1953. En raison de la grande vitesse d'atterrissage, la récupération de l'engin «Regulus» demeurait assez problématique, mais les techniciens réussirent à mettre au point une procédure permettant de faire atterrir l'appareil sans trop de dommages. Ainsi, une moyenne de 12 vols put-elle être attribuée à chaque modèle SSM-N-8A (FTM) « Regulus». Si certains engins furent détruits à leur premier ou deuxième atterrissage, d'autres par contre dépassèrent le nombre de 16 et l'un d'eux vola même 21 fois avant d'être endommagé gravement et jugé irrécupérable.

Sources :

Les avions Vought. Bernard Millot; Docavia n°20
Vought SSM-N-8/RGM-6 Regulus
Vought SSM-N-8 Regulus I
Regulus Guided Cruise Missile
Regulus America's First Sea-borne Nuclear Deterrent
Cruise Missiles Of The 1950s & 1960s

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