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Le Vought SSN-8 Regulus I
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I. Origine
Translate : in English in Spanish in German Création/Mise à jour : 01/10/2003
I. Origine
II. Description du Regulus
III. Description - Suite-
IV. Les essais en vol
V. Les essais en vol -Suite-
VI. Les Vought KDU-1 et X-28A
VII. Emploi du Regulus
VIII. Le Regulus en service

 

(crédit des photos de ce dossier : Vought, US Navy)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Vought P/A6 sous un Corsair

 

Le potentiel militaire des V-1 et V-2 Allemand de la seconde guerre mondiale n'était pas passé inaperçu des Américains et les stratèges militaires prévoyaient la fin de la guerre conventionnelle et la naissance de l’ère des missiles guidés. De 1947 à 1953, les recherches sur la technologie des missiles guidés se sont accélérées à un rythme énorme, avec plus de 114 systèmes d'arme/missile en développement pendant cette période.

En 1945, le BuAer (Navy Bureau of Aeronautics) avait un intérêt grandissant pour les missiles surface-surface et avait édité un rapport intitulé "Study of Requirements for Pilotless Aircraft for Fleet use in 1950". Ce rapport eu comme conséquence dix-huit contrats d'étude du BuAer répartis parmi douze constructeurs. En octobre 1945, le BuAer invite Vought à soumettre des propositions pour plusieurs P/A (Pilotless Aircraft, avion sans pilote).

En juin 1946, Vought signe un contrat d'étude pour un missile surface-surface courte portée P/A-6. Ce missile était propulsé par un statoréacteur qui devait être entièrement développé et industrialisé. Vought expérimenta brièvement le modèle P/A-6 mais devant les difficultés rencontrées avec le statoréacteur, la Navy demanda à Vought d'extrapoler le P/A-6 pour un engin utilisant la technologie éprouvée des turboréacteurs afin de déboucher sur un missile cette fois opérationnel.

Le Vought P/A6

La transition s'opéra très vite car dès le 5 janvier 1947 les techniciens de Vought s'attaquaient à ce délicat programme. Les enseignements tirés de l'évaluation du modèle P/A-6 avaient déjà eu pour conséquence de requérir un engin subsonique, mais capable d'être lancé à partir d'un sous-marin en surface.

A la même époque, en mai 1947, L'USAAF attribue à Martin un contrat pour un missile subsonique propulsé par turboréacteur qui deviendra le B-61 Matador. La Navy perçoit alors cette initiative comme une menace pour son rôle dans les missiles guidés et, dans les jours qui suivent, le BuAer accélère le développement de son propre missile.

Le 21 mai 1947, Vought soumet une première proposition pour un missile à turboréacteur subsonique. Deux caractéristiques de la proposition intéressaient particulièrement la Navy. D'abord, Vought proposait un programme de développement concentré sur un véhicule d'essai en vol récupérable utilisant un train d'atterrissage escamotable et un parachute caudal du type à lanières de 4,88 m de diamètre afin de freiner la vitesse de roulement au sol évidemment trop rapide.

Un Regulus sur une rampe de lancement

 

 

Le dispositif de récupération réduirait considérablement les coûts des essais en vol. En second lieu, le véhicule d'essai en vol et le missile tactique de production différeraient le moins possible. Vought avait également suggéré de doubler le facteur de résistance structural habituel et ainsi d’éliminer les essais de résistance statique au sol.

Un facteur stimulant le développement du programme Regulus était le désir de l'US Navy de posséder des capacités nucléaires. Le problème de l'US Navy était alors la masse élevée des armes atomiques de la fin des années 40 (environ cinq tonnes), trop lourdes pour presque tous les avions embarqués. L'US Navy avait converti douze P2V (appareil de patrouille maritime à l'origine) qui pouvaient éventuellement décoller d'un porte-avion, mais ne pourraient y atterrir.

Seul le North American AJ Savage pouvait le faire et l'US Navy avait modifié ces bombardiers pour emporter des armes nucléaires, mais ils étaient limités à environ 1300 kilomètres de distance franchissable. Certain avait proposé une version sans pilote de l'AJ-1 avec une distance franchissable supérieure mais l'US Navy annula ce projet en 1948. Ainsi, en dépit de limitations, l'AJ-1 était le seul avion embarqué capable d'emporter une arme nucléaire au début des années 50.

La concurrence interarmées a certainement compliqué le développement du missile. Le Matador de l'US Air Force et le Regulus de la Navy était non seulement semblables par l'aspect mais aussi par leur mission, performances et coûts de production. Avec des pressions pour réduire les dépenses de la défense en 1949, un des deux missiles était en danger de disparition.

Un Regulus SSM-N-8A dans son hangar sur le sous marin USS Tunny

 

Un Regulus en essais sur porte-avion

 

Comme la plupart des observateurs considéraient que le Matador avait environ une année de retard sur le Regulus, le DoD demanda au BuAer de ralentir le développement du Regulus et de lancer parallèlement une étude pour déterminer si le Matador pouvait remplacer le Regulus dans la Navy. Mais l'US Navy était opposé au Matador en raison de son système de guidage plus complexe (voir description du B-61 Matador) et qui nécessiterait plus de deux sous-marins pour le lancement et le guidage comme prévu pour le Regulus.

En outre, l'unique booster de lancement du Matador devait être fixé au missile après son installation sur le lanceur tandis que le Regulus était installé avec ses deux boosters déjà fixés. Ceci signifiait que, par rapport au Regulus, le Matador exigerait plus d'hommes et que le sous-marin devrait rester plus longtemps en surface.

Un Martin B-61 Matador

La Navy insista pour un programme séparé, obtint gain de cause, et le 16 novembre 1947, le BuAer envoya une lettre d'intention à Vought pour le contrat NOa(s) 9450 de développement du nouveau missile. Le missile reçut l'appellation constructeur V-357, l'indicatif militaire XSSM-N-8 et le surnom «Regulus». Le missile était nommé Regulus d’après le nom d’une étoile de première grandeur dans la constellation du Lion.

Le moteur choisi par Vought et le BuAer était le turboréacteur Allison J-33-A-14 développant 2085 kgp de poussée. Ce type de moteur limitait les performances du missile mais éliminait aussi les possibles retards de développement d’un nouveau moteur. Surtout, le but était de construire aussi rapidement que possible un véhicule d'essai en vol qui différerait le moins possible du missile opérationnel.

Ce modèle récupérable avait la désignation constructeur V-370 et militaire SSM-N-8A (FTM). Il était conçu pour être piloté à distance par un opérateur prenant place à bord d'un Lockheed TV-2. L'engin se servait de son train d'atterrissage tricycle escamotable à l'atterrissage à une vitesse de 370 km/h. On ne put jamais réduire davantage cette vitesse excessive, qui rendait la récupération possible, mais hasardeuse. Ce modèle entra le premier en fabrication, avant le modèle de guerre SSM-N-8 TM.

Sources :

Les avions Vought. Bernard Millot; Docavia n°20
Vought SSM-N-8/RGM-6 Regulus
Vought SSM-N-8 Regulus I
Regulus Guided Cruise Missile
Regulus America's First Sea-borne Nuclear Deterrent
Cruise Missiles Of The 1950s & 1960s

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